Haro sur l’alcool ! Lisez donc : des experts indépendants préconisent de remplacer « L’abus d’alcool est dangereux sur la santé » par « Toute consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé ». Le sens est limpide comme de l’eau de roche : ce n’est plus la dose qui fait le poison, mais l’alcool lui-même. Le changement de paradigme est lourd de sens dans un pays comme la France.

Modifier le système de taxation

Le rapport, réalisé par huit experts (épidémiologistes, addictologues…) a été commandé par Santé publique France et l’Institut national du cancer après leur saisine en juin 2016 par la Direction générale de la santé (DGS) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Le rapport est consultable sur le site www.santepubliquefrance.fr. Selon les auteurs, la France promeut un « double discours public contradictoire »: l’un « souligne le besoin de réduire la consommation d’alcool (…); un autre, guidé par le poids économique de l’alcool, promeut un patrimoine culturel ». Ils préconisent donc de « mieux estimer les dépenses et les recettes publiques générées par la consommation d’alcool » : « L’acceptation collective d’un niveau de risque ou de dommages lié à la consommation d’alcool permettrait de réconcilier les deux discours. »

Logiquement, les experts recommandent de modifier le système de taxation : actuellement fixées selon le type de boisson (de 0,003 euro par verre pour le vin à 0,14 pour les spiritueux), les taxes devraient plutôt être proportionnelles à la quantité d’alcool. Auparavant, la Cour des comptes avait publié un rapport sévère sur les faiblesses de la politique de lutte contre l’alcool en France. Elle estimait le poids économique du secteur des boissons alcoolisées à 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Responsable de maladies chroniques comme la cirrhose, certains cancers et certaines maladies cardiovasculaires, l’alcool cause 49 000 morts par an (13% de la mortalité pour les hommes et 5% pour les femmes).

Il ne s’agit à ce stade que d’un avis et non des recommandations officielles des autorités sanitaires françaises. Les textes actuels recommandent de ne pas dépasser deux verres d’alcool par jour pour les femmes et trois pour les hommes (2 verres de vin de 10 cl sont équivalents à 2 demis de bière ou 6 cl d’alcool fort). Mais, demain, boire ou vivre, il faudra choisir.


Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP / © BillionPhotos.com


 

4 Réponses

  1. Tebib

    Je ne comprend pas pourquoi l alcool est en vente libre et pourtant c est pire que la drogue. Elle tue mais en douce ilya effet sur tte conruption. Maladie..agressif. l argent devient plu fort que tte chose. Car à cause de sa ils font rien

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