Il y a les questions de costumes, de mises en examen, de ralliements et de reniements, de géographie guyanaise… De tout cela, la campagne présidentielle française se régale et se perd. Et il y a des questions importantes, des vraies, de celles qui peuvent réellement faire bouger les lignes et maintenir des emplois. Un exemple : le vin ! Les législations française et européenne ont beau lui mener la vie dure, la filière est vivace, non-délocalisable et ambitieuse. La preuve avec ces propositions concrètes du syndicat des producteurs de vin et l’interprofession des vins Pays d’Oc IGP qui souhaite se faire entendre sur quelques points clés.

Dans un document qu’Atabula s’est procuré, les acteurs du label souhaitent faire entendre leurs voix pour défendre une certaine vision de la filière viti-vinicole française. Présentation synthétique et pratique des six grands points abordés.


1/ L’Europe


→ Maintenir une spécificité du secteur viticole au sein de la PAC


2/ Faire confiance aux professionnels de la filière et alléger le poids de l’administration et de la réglementation


→ Restreindre et simplifier les critères d’éligibilité OCM de la France

→ Alléger les procédures administratives françaises et les missions des organismes satellites

→ Flécher les budgets Investissements, Restructuration, Promotion avec des critères d’éligibilité adaptés à la taille des entreprises

→ Obligation d’un budget alloué à l’économie viticole amont et aval sur les budgets de la collectivité régionale sans diktat politique mais dans l’intérêt économique général et à l’initiative des professionnels

→ Hiérarchiser la compétence des collectivités sur la question de l’oenotourisme


3/ Privilégier le patriotisme économique et soutenir nos territoires


→ Mise en place, comme pour la viande et le lait, d’une origine France obligatoire dans les rayons vins BIB et bouteilles de la grande distribution française ; évolution nécessaire de la réglementation sur l’étiquetage et sur la présentation des produits.


4/ Un modèle économique à préserver


Exploitations familiales :

→ Régime des droits de succession à alléger pour faciliter les transmissions

→ Revaloriser les retraites agricoles en tenant compte de la pénibilité du travail avec un seuil minimum de revenu individuel permettant un niveau de vie décent

Process d’installation :

→ Privilégier les initiatives sur la mise en place d’une phase transitoire d’installation basée sur un fermage donnant accès à l’achat du foncier à moyen terme (3 à 5 ans)

Régime de protection sociale :

→ Réformer le fonctionnement de l’organisme de gestion de ce régime en l’adaptant à la réalité de la filière

→ Rétablir un dialogue constructif et cohérent entre l’organisme et ses ressortissants dans le respect de la notion de service rendu


5/ Nouvelles mesures économiques indispensables


→ Dynamiser les mesures de contractualisation liées aux vins sous Systèmes officiels de qualité et d’origine (SIQO)

→ Renforcer la légitimité des contrats interprofessionnels

→ Rationaliser les normes environnementales entre pays de la communauté européenne

→ Soutenir l’innovation : ouverture de la liste nationale des cépages résistants et primes à la plantation de ces cépages

→ Mettre en place un régime assurantiel de récolte incitatif face aux aléas climatiques récurrents


6/ Une politique export ambitieuse


→ Promotion de la diversité des territoires français

→ Mise en place d’accords bilatéraux sur les pays tiers concernant les droits de douane.


Pratique

Pays d’Oc – 0467138420 – www.vins-pays-doc-igp.fr


Franck Pinay-Rabaroust / © Lsantilli


 

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