Théophraste. Cela sonne bien Théophraste. En grec ancien, c’est Theos, pour le dieu ou le divin, et phrazein, qui signifie expliquer. L’explication du divin, en quelque sorte. Mais ce Théophraste là, il ne s’explique qu’avec lui-même. La preuve, cette phrase qui est son œuvre : « L’orgueil est un mépris de tout, sauf de soi-même ». Un peu joueur, le Théophraste…

Mais arrêtons-nous ici et laissons notre brave Théophraste Renaudot, car c’est de lui qu’il s’agit, à ses œuvres de bienséance, à ses pensées, à ses écritures. Grand philanthrope qui vécut, à cheval sur le XVIème et le XVIIème siècle, il tient pour l’inventeur de la presse française avec La Gazette, de la publicité (déjà les proximités abusives) et du Mont-de-Piété. Le célèbre ma Tante (comme pour justifier un apport soudain d’argent venu de la famille proche, au sortir du Mont) vend les bijoux de famille, plutôt une cave accumulée depuis on ne sait quand mais que l’on nous assure « de première main » selon Jean-Pierre Esteveny, le directeur des prêts sur gages. Quelques flacons mis en gage et jamais récupérés qui feront, vendredi 27 Janvier 2017 à 14 heures, le bonheur de quelques collectionneurs et amoureux de belles bouteilles.

Pourquoi un tel intérêt ? Car la vénérable institution, doyenne parisienne puisque sa création remonte à 1637, affiche des prix doux, à la mise en vente et aux frais, contrairement à bon nombre de maisons de ventes aux enchères qui ont tendance à abuser ces derniers temps. Les frais tout d’abord. En lieu et place des habituels 25% à 30%, sans compter les suppléments si vous passez par des intermédiaires, Ma Tante s’octroie un raisonnable, mais pourtant très sympathique, 14,4%. De quoi limiter les hausses imprévues après une âpre bataille ! Car, les frais, comme vous le savez, ne sont pas partie intégrante du prix adjugé.

Les estimations, ensuite. Là où les maisons de vente, avec force aides d’experts de tout acabit dont on se demande d’où ils sortent, suivent « en temps réel » les prix du marché, Ma Tante est un peu déconnectée pour notre plus grand plaisir. Des estimations basses donc, qui ne justifient en rien des prix ridicules bien évidemment, mais qui laissent augurer une montée d’adrénaline et de belles batailles d’enchères en perspective. Sans compter la parfaite conservation des vins, tout est réuni pour passer un beau et grand moment au 55, rue des Francs-Bourgeois, dans la quatrième arrondissement parisien.


Pratique

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Yohan Castaing

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