Les réseaux sociaux sont souvent le lieu de jeux de pouvoir assez simplistes où les acteurs affirment posséder des informations, non pour écrire un article circonstancié, mais bien pour faire valoir une position qu’il n’ont pas ou n’ont plus. L’affaire du Clos Rougeard stigmatise tout ce petit monde. L’iconique propriété des frères Foucault connait, depuis le décès de Charly au mois de décembre 2015, une mise en lumière qu’elle aurait aimé éviter.

Le départ prématuré de l’un des actionnaires a fait naitre les appétits de « certains loups de la finance et du gros capital » comme on peut le résumer en lisant les commentaires, pas toujours très clairs, des thuriféraires d’une cause parfois trop grande pour eux. On dépeint aujourd’hui le domaine comme la victime expiatoire de requins imprévisibles. Pourtant, la vérité, comme toujours est bien différente. Chacun dans cette histoire essaie de jouer sa partition. Posons-nous la question un seul instant. Que ferions-nous dans le cas des actionnaires ? Endettement sur plusieurs générations pour un espoir de gains finalement pas si importants que cela ? Vente des actions à un homme d’affaires amoureux du vin qui s’engage à respecter, et le terroir, et le domaine ? Attirance pour une belle somme, sonnante et trébuchante, qui assurera des jours radieux au bénéficiaire et aux ayants droit ? Rien n’est plus compliqué que de décider quand les influences familiales et le cœur, l’âme, l’héritage culturel et parental sont en jeu.

Tout cela tend à montrer l’influence grandissante des réseaux sociaux

Alors quand l’annonce de la vente est actée par les médias, sans vérification aucune, et qu’une grande revue montre la lune, l’idiot que je suis regarde le doigt. On ne m’y reprendra plus. Oui, Clos Rougeard est dans la tourmente. Oui, la semaine qui arrive sera décisive. Baladez vos guêtres du côté de chez Passard au déjeuner, les rencontres que vous y ferez seront d’autant plus intéressantes et vous admirerez ses dons d’entremetteur. Mais de grâce, laissez ces viticulteurs décider de leur sort, de leur avenir.

Ne préjugeons pas d’une possible destruction de « l’idéal » de la viticulture saumuroise. Rappelons-nous, si nous en sommes encore capables, que le prix de Clos Rougeard est bien au-delà de nos capacités financières. Car finalement, qui crie au loup ? Pas les consommateurs comme moi qui ont fait leur deuil de ce vin. Ce sont, souvent, quelques chanceux allocataires en direct. Ceux-là mêmes qui veulent défendre la veuve et l’orphelin et qui, dès le dos tourné, vouent aux gémonies le domaine en proposant sur Ebay ou Le Bon Coin les allocations avec de substantielles plus-values. Non, la vérité est bien plus complexe. Tout cela tend à montrer l’influence grandissante des réseaux sociaux qui, à coup d’admonestations passagères, dépeint une vérité que l’on prend pour le réel. Non, le réel n’a pas eu lieu, pas encore, et il serait bon de se garder des pronostics inféconds.

Faudra-t-il encore beaucoup de Clos Rougeard, de Bonneau du Martray, de Clos des Lambrays pour s’apercevoir que notre patrimoine viticole est à la vente ?

Oui, il y aura les « pro » Charly Foucault et les « pro » Nady Foucault arguant des vieilles rancunes familiales. Tout cela, finalement, n’intéresse guère le consommateur. Car ce qui se joue, derrière la scène, est bien plus important. C’est l’avenir de notre viticulture, de nos domaines, de notre culture. Faudra-t-il encore beaucoup de Clos Rougeard, de Bonneau du Martray, de Clos des Lambrays pour s’apercevoir que notre patrimoine viticole est à la vente ? Faudra t-il encore beaucoup de domaines cédés pour que les pouvoirs politiques, les institutionnels prennent conscience que notre identité fout le camp. Les emplois ne sont ni délocalisables, ni transférables à l’étranger. Et finalement, tout le monde s’en moque.

Alors, chers amis, chers passionnés de vin, plutôt que de choisir un camp familial, plutôt que de vociférer contre le rachat par tel ou tel d’un domaine, plutôt que de regarder le doigt plutôt que la lune, essayons de nous réunir et d’attirer l’attention de nos chers politiques sur cette dure réalité. L’enjeu est bien plus important. Et n’oublions pas 2017 est année d’élections. Cela devrait suffire, non ?


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Yohan Castaing

Une réponse

  1. renaux

    allo Atabula ?
    en sait on plus aujourd’hui sur la vente de ce domaine ? ils semblerait qu’il n’y ai toujours rien d’acté ?
    avez vous des infos ?
    merci de nous éclairer

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