De loin, l’idée était (presque) bonne : devant les chiffres alarmants de consommation de boissons sucrées, notamment chez les enfants et adolescents, l’offre de nouvelles boissons « light » ou énergétiques se déverse sur le marché et les ventes explosent. Boire du sucre sans grossier, le pied ! Sauf que…  Des universitaires du Imperial College London et de l’université de Sao Paulo au Brésil ont bossé sur le sujet et… les résultats sont alarmants. Les versions sans sucre de boissons type sodas ou jus n’aideraient ni à perdre du poids ni à prévenir la prise de poids. Ces travaux ont été publiés dans la revue Plos medecine.

Sur le terrain, le « light » est devenu un poids lourd. Aux Etats-Unis, la proportion d’enfants consommant des boissons light a doublé entre 1999-2000 et 2007-2008. En Australie, les achats de boissons gazeuses light ont augmenté de 24% entre 1997 et 2011. Perçues comme diététiques, elles sont proposées comme des alternatives saines aux boissons sucrées, surconsommés dans le monde.

En France, si la tendance est à la baisse, les ventes des boissons énergisantes s’envolent (+44%) entre 2010 et 2015

En effet, les sodas, les boissons aromatisées aux fruits, énergisantes pour sportifs, préparations prête à boire (thé ou café), représentent plus de 46% des sucres ajoutés aux Etats-Unis et près d’un tiers chez les adolescents britanniques. Au Brésil, ils sont la deuxième plus grande source de la consommation. En France, si la tendance est à la baisse, les ventes des boissons énergisantes s’envolent (+44%) entre 2010 et 2015, d’après un baromètre mondial des ventes de boissons sucrées de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique (ICCR). En novembre dernier, l’organisation Cancer Research révélait que les adolescents britanniques consommaient en moyenne l’équivalent d’une baignoire de boissons sucrées par an, soit 234 cannettes de boissons sucrées chez les jeunes âgés de 11 à 18 ans.

Les boissons contenant des édulcorants devraient être soumis aux mêmes restrictions publicitaires et taxes que ces boissons sucrées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait appelé début octobre les gouvernements à taxer les boissons sucrées afin de combattre l’obésité. A l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980. Dans ce contexte, cette nouvelle étude suggère que les boissons contenant des édulcorants devraient être soumis aux mêmes restrictions publicitaires et taxes que ces boissons sucrées. Elles n’aideraient ni à mincir ni à prévenir la prise de poids. Pas plus que leurs homologues sucrées. « Il n’y a aujourd’hui aucune donnée qui prouve que les boissons light soient efficaces pour la perte de poids ou la prévention d’anomalies métaboliques. Les preuves sur la santé des enfants sont encore plus limitées que pour les adultes », soulignent les chercheurs.

Pire, elles pourraient entraîner une surconsommation d’aliments chez les personnes en surpoids, d’après de précédentes études. Par ailleurs, les édulcorants chimiques, substituts du sucre, stimuleraient l’appétit et feraient consommer jusqu’à 30% de calories supplémentaires, selon une étude australienne, parue dans Cell Metabolism en juillet 2016. Les édulcorants les plus connus, utilisés comme additifs alimentaires, sont l’aspartame, l’acésulfame-potassium, le neotame, l’alitame, le cyclamate et la saccharine. Maintenant, au moins, chacun sait que light ou pas light, les sodas, c’est de la merde pour la santé.


Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP Relaxnews

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