Un nouveau repaire pour oiseaux de nuits vient d’ouvrir ses portes dans le quartier parisien de Charonne (XIeme arr.). Dernier né du groupe Liquid Corp (déjà heureux propriétaires des Dirty Dick, Louie Louie, Kremlin et autre Moonshiner), le Bluebird ravira les amateurs de cocktails dans un quartier peut prodigue en établissements de qualités dédiés à nos chères boissons mélangées…


A tout seigneur, tout honneur : le Bluebird tire son nom d’un poème de l’écrivain (et fameux pilier de bar) américain Charles Bukowski, plus connu du grand public en France pour ses facéties éthyliques sur le plateau de Bernard Pivot que pour ses œuvres littéraires, comme ses « Mémoires d’un vieux dégueulasse ».. C’est donc tout naturellement que le cadre du Bluebird évoque lui aussi une certaine idée des Etats-Unis à l’orée des années soixante: vasques en verre de teinte orangée, alliance de bois blond et de pierre apparentes, moquette à motifs géométriques… Cependant, l’une des vraies originalités réside dans la présence d’un aquarium au sein duquel s’ébattent de nombreux poissons exotiques dont les teintes vives égayent le bar au grès de leurs mouvements. Mais un autre type d’aquarium dissimulé derrière le premier se révèle encore plus utile : un authentique fumoir agrémenté de banquettes offre la possibilité aux fumeurs de poursuivre leurs discussions tout en évitant de sortir pour aller fumer : assurance de passer une bonne soirée entre amis et gage de tranquillité du voisinage. Une telle initiative est toujours la bienvenue ! Enfin, une petite terrasse permet de profiter des consommations cheveux au vent.

Le bar est, quant à lui,  animé par des bartenders ayant pour la plus part officié au préalable au  bar du Moonshiner. Ainsi, Danilo Grenci, Pasa Pomerasevic et Pedro Martinez  jonglent-ils avec une quinzaine de cocktails de la carte (autour de 9-11 euros) et une sélection comportant une  soixantaine de spiritueux (dont la moitié est dédiée au gin) avec talent et expérience.

La carte des cocktails, elle aussi résolument orientée vers le gin, se décline en trois parties : la première propose de revisiter des recettes de la fin du XIXeme siècle avec un twist moderne. Ainsi, parmi les « Tom Collins », « Gin Fizz » et autres « Classique Martini », figure un très bon « Improved  Holland Gin Cocktail » (1876) à base de Genever (alcool hollandais aux baies de genièvre, ancêtre du gin anglais) et de sirop infusé à la fève de Tonka, le tout équilibré par une pointe d’amertume apportée par un bitter aromatique à base de Suze.

bluebird-cocktailsD’amertume, il en est aussi question dans le « Provençal Negroni » (1919). Cette variante du classique cocktail d’apéritif inventé à Florence  est composée de Farmily (un alcool blanc infusée aux plantes aromatiques produit par un barman milanais), d’un bitter italien (Gagliardo), de vermouth rouge (Martelletti) ainsi qu’une liqueur de thym. Les amateurs d’agave pourront, quant à eux, jeter leur dévolu sur un « Verde Witch » (1923), qui associe Mezcal, vermouth blanc infusé au thé Matcha, confiture maison de clémentine et miel avec du jus de citron frais. Quant à la culture Tiki, elle est ici représentée par un « Belleville Sling » (1897) qui revisite le traditionnel « Singapour Sling » de l’hôtel Raffles en boisson à base de rhum, liqueur de genièvre (Ginepro Nardini, une liqueur de genièvre italienne), jus d’ananas frais, liqueur Peter Herring, dry curaçao, sirop de shiso et citron.

Enfin, la carte du Bluebird propose aussi trois cocktails (autour de 8 euros)  à plus faible teneur en alcool. Tel, par exemple, le « Nutty Cobbler » au sherry fino, sirop maison de noix de muscade et Angostura bitter ou encore « Le Parisien » : vermouth rosé, prosecco, liqueur de fleur de sureau, feuilles de menthe et bitter Jerry Thomas. Possibilité est offerte aux becs fins de picorer quelques petites assiettes : olives kalamata ou all’ Ascolana, jambon Prince de Paris et Tête de moine. Ou encore : club sandwich accompagné de chips de légumes (9 euros). Bref, autant de bonnes raisons pour faire du Bluebird votre prochain nid douillet dans le quartier sans y laisser des plumes.

bluebird-ambiance


Pratique

Bar Bluebird – 12 rue Saint-Bernard – Paris 11e arr. – Ouvert tous jours


Thibaut Neuman

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