La France perd du terrain. Certes, elle reste dominatrice selon les dire des grands importateurs, mais pour combien de temps ? Tout porte à croire que le temps de sa superbe est compté. C’est en tout cas ce que laisse penser une étude mené par Sopexa. Pour établir ces résultats, Sopexa a interrogé 1 100 opérateurs (grossistes, importateurs, grande distribution et distribution spécialisée) représentatifs des sept plus importants marchés d’importation de vin, hors Europe. La consommation totale de ces pays (Etats-Unis, Canada, Russie, Chine, Hong-Kong, Japon et Corée du Sud) est de 67 millions d’hectolitres, dont 28 millions importés. Près de 50% de cet échantillon importe plus de 100 000 bouteilles par an, souligne Sopexa.

La France est aujourd’hui incontournable dans les portefeuilles des importateurs des pays tiers selon cette étude. Elle est en effet référencée par 94% d’entre eux contre 80% pour l’Italie et 74% pour l’Espagne. Mais l’Hexagone est talonné par une dizaine de challengers avec en tête le Chili et l’Australie, qui sont les pays du nouveau monde les plus agressifs commercialement. En termes d’image globale, la France devance encore très nettement ses concurrents, notamment en Asie, toutefois, sur les critères de « l’attractivité des prix » et des « vins pour tous les jours », ce sont l’Espagne et le Chili qui sortent du lot.

L’ensemble de la filière espagnole a réellement pris conscience, face à la crise, de la nécessité de se développer à l’export

Et si les vins français restent à la première place des achats attendus dans les 24 prochains mois, les professionnels estiment qu’ils vont céder du terrain aux vins espagnols. Selon Sopexa, 40% de l’ensemble des opérateurs interrogés – un sur deux en Corée, Russie et Canada – s’attendent à une progression des ventes de vins espagnols d’ici à 2018. Dans cinq des sept marchés interrogés, les pronostics de progression des ventes leur sont plus favorables qu’aux vins italiens ou français. « L’attractivité des vins espagnols et leur succès annoncé sur de nombreux marchés s’explique par le dynamisme de leur production, par une offre bien positionnée, comprenant à la fois des produits plaisirs pour une consommation courante et une offre assez large pour s’adapter aux différents segments de la distribution » explique François Collache, directeur commercial boissons de Sopexa. « L’ensemble de la filière espagnole, notamment dans certaines régions d’appellation comme la Rioja, a réellement pris conscience, face à la crise, de la nécessité de se développer à l’export » renchérit Christian Barré, Président de la Fédération espagnole du vin.


Franck Pinay-Rabaroust, avec AFP / © Rostislav_Sedlacek

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